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Blog qu'il a été fait pas si moche exprès pour les copains qui partent à l'étranger. Si t'es pas un copain, ben ce blog tu t'en fous.

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Una Giornata Particolare

Un lundi pas comme les autres.

Faut absolument qu’j’vous raconte mon lundi. Pour la première fois de l'année, je décide de sécher un cours parce que lorsque tu connais mieux le droit de l’UE que ton prof, tu arrêtes d’aller en cours et tu bosses avec un manuel. Cours de sciences politiques très dense, le genre de truc où tu chies à tout noter et à bien comprendre mais à la fin, tu te rends compte que t’as réussi et ça te met le smile. Petit café avec mes camarades à la faucille et à la fourchette. Cours d’ouverture intellectuel excellent. Cours d’italien se transformant en sieste parce que le choix des conjugaisons en italien, c’est dur quand t’es chinois mais en français, c’est un peu tout pareil. La sieste achevée, je file chez moi, avale cent grammes de pâtes au parmesan, saisi ma basse et me précipite à l’école de musique.


Attention mes dames et messieurs, dans un instant, je vais vous divulguer le nom de mon école de musique ! J’espère que ce nom arrachera un sourire à Djah, Emile et à tous ceux qui ont eu à subir Villalba l’année dernière.

 

Suspens insoutenable…

 

Mon école s’appelle « Scuola Popolare Ivan Ilitch » !

Bon, pour ceux qui ne savent pas qui c’est, en gros, Ilitch c’est un bigot haut placé dans l’église catholique. Un beau jour, l’église l’envoie au Mexique. Ilitch a beau être évêque, vu qu’il n’est pas ministre de la culture de la République Française, il ne se tape pas de jeunes éphèbes mexicanos majeurs (forcément majeurs, hein, on demande toujours sa carte d’identité à un esclave sexuel avant de le sodomiser). L’Ilitch, il s’aperçoit de la misère du peuple, du fossé entre le message social de la Bible et l’action sur le terrain de l’église. Il quitte ses responsabilités ecclésiales et commence à se marxiser, à écrire des bouquins critiquant le système scolaire, à proposer un mode de vie alternatif au capitalisme. Toutes ces divagations lui valent la mise en place d’une procédure d’excommunication enclenchée par le déjà-très-progressiste Joseph Ratzinger (qui connaît un grand succès sous le nom de « Ben Sixteen »). Bref tout cela pour dire que Villalba est tombé amoureux de la pensée d’Ivan-le-pas-terrible (désolé, je n’ai pas pu m’en empêcher).

Je me pointe avec cinq minutes d’avance comme j’ai l’habitude de le faire pour une première leçon… J’avais oublié que j’étais en Italie ! Résultat, j’attends durant 35 minutes. Normal. Dans mon groupe, on semble être 5. Un pianiste doté d’un bon sens de l’humour et d’un physique qui me fait penser que, s’il était noir, il serait le sosie de Fats Domino. Une voix portée par une svelte italienne rousse fort jolie. Un sax tenu dans les mains délicates d’une charmante brune au tempérament d’acier et au son d’une force très bluesesque. Une guitare divinement jouée par un jeune étudiant qui est à l’image d’un Corto Maltese sortant de l’adolescence. Et à la basse un Tom-Tom s’étant fait coupé les cheveux. (les férus de musique auront remarqué que nous n’avons pas de batterie ce qui fout bien la merde parce que le rythme et moi ça fait encore un et demi).

Bon, première mauvaise nouvelle : le pianiste a commencé le piano il y a… deux joursL. Il sait déjà jouer frère Jacques (qui en italien se dit frèr’ Martin). Deuxième mauvaise nouvelles : on se retrouve à jouer frère jacques et à tenter de donner de l’ampleur à ce morceau… pendant trois heures. C’est parfois long trois heures. Alors pour se divertir j’apprends les paroles françaises de la chanson à la rousse-chanteuse. Le prof pense que ça rend mieux en français, il trouve que ça donne un « côté exotique » (comme quoi, l’exotisme est une question de point de vue).

Trois heures plus tard, je sors, heureux d’avoir fait la connaissance d’une paire d’italiens. Il est 23h20. Je viens de rater mon bus. Alors que je m’apprêtais à prendre mon mal en patience un gars en moto m’interpelle : c’est mon pianiste qui me demande de venir et qui m’invite à grimper sur sa moto.
Bon, hein, qu’on se le dise, moi et les deux roues, c’est pas une grande histoire d’amour. Doit y avoir un truc génétique. Déjà que mon père a failli y laisser sa vie pour finalement y laisser une jambe, une rate et quelques autres trucs. De mon côté, à vélo, j’ai failli perdre l’usage de mon bras gauche une fois et, une autre, j’ai failli y laisser ma vie (mais finalement, dans sa grande conscience comatique, mon corps a décidé de s’échoir sur le trottoir et non pas sur la route m’évitant ainsi de mourir avant de vous connaître chers amis qui me manquez tant). Tout cela a fait que je ne suis jamais monté sur une moto de ma vie (ni même sur un scooter). Vous l’aurez deviné, j’avais les pétoches de faire confiance à un inconnu et de monter sur sa moto filant à 100km sur l’autoroute alors que le vent souffle fort sur l’étui de ma basse qui me déséquilibre. Face à l’insistance de mon futur chauffeur qui est à deux doigts de me prendre pour un « cazzetto » (petite bite), je me dis qu’il en va de l’honneur de la France, que je ne me laisserais pas intimider par une de ces couilles molles cisalpines ! (Déjà qu’ils nous ont volé notre deuxième coupe du monde de foot !)

N’écoutant que mon inconscience patriotique, j’enfile le casque et enfourche gauloisement le monstre (la moto hein). Quelques minutes et beaucoup de frayeurs plus tard, me voilà à casa mia. Je descends de la moto avec la joie idiote de celui qui vient de faire un saut à l’élastique. Je commence à comprendre la sensation qu’éprouve les motards, cette impression de braver la mort qui te pousse à prendre toujours plus de risques jusqu’au jour où tu te ramasses (en un morceau si t’as de la chance, à la petite cuillère si t’en as moins).

 

Je remonterais sans doute sur cette moto de temps à autre. En attendant, je renoue avec le train et je file voir le Nico à Turin !

 

Ciao ragazzi !

 

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G
<br /> Hahaha. Je ris.<br /> <br /> <br />
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J
<br /> ben chepa... tu avais l'air de le "dédouanner" en disant qu'il n'avait pas était évêque et qu'il était parti de lui-même de par le monde...je voulais rectifier en précisant qu'il avait l'air d'être<br /> parti pour des raisons religieuses tout d'abord... enfin qu'importe !<br /> <br /> <br />
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D
<br /> "Et Djah, Illich a quand même "choisi de se tourner vers la prêtrise" et a été vice-recteur de l'université catholique de Porto Rico... bon, ok, avant de se rendre compte "qu'entre la bombe<br /> atomique et les préservatifs, l'Eglise se trompait de cible..." !"<br /> <br /> Ce qui n'enlève rien à ce que l'on a dit non ? :-)<br /> <br /> <br />
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T
<br /> Bordel Tom-Tom! ça commence à être de sacrés bons textes!<br /> <br /> j'espère que t'en pondras un au moins aussi bon au retour de ton escapade chez Nico (qui décidément semble attirer tout le monde chez lui: Julie, toi...)<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Super article Tom Tom ! c'est toujours un plaisir de te lire. Et Djah, Illich a quand même "choisi de se tourner vers la prêtrise" et a été vice-recteur de l'université catholique de Porto Rico...<br /> bon, ok, avant de se rendre compte "qu'entre la bombe atomique et les préservatifs, l'Eglise se trompait de cible..." ! merci Wiki ! bref.. moi mon école de musique s'appelle Johann Sebastian Bach,<br /> ouais, bon...<br /> <br /> <br />
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