Blog qu'il a été fait pas si moche exprès pour les copains qui partent à l'étranger. Si t'es pas un copain, ben ce blog tu t'en fous.
Cette nuit, j'ai révé d'Emile.
Et du coup je me dis, il est temps que je m'y mette. Que je vous raconte quoi. J'ai une flemme démesurée. Mais voilà, j'ai révé d'Emile, alors il le faut.
Par où commencer bon sang par ou commencer...Par ShanghaiÏ ? héhé, mais c'est qu'ils sont pas si bêtes ces loupios. Alors ShanghaÏ, shanghaÏ...modeste petite bourgade de 20 millions d'habitants, capitale économique de la chine, anciennement et lointainement colonie anglaise et française (ouh les méchants occidentaux colonisateurs !), cette ancienne présence internationale assurant un assez bon niveau d'anglais général, ce qui rend la ville plus facile d'accès aux étrangers que Pékin. ShanghaÏ rayonne par son dynamisme éffréné, son offre culturelle étendue, et par le fait qu'elle accueillera en mai l'exposition universelle 2010 sur le thème de l'écologie.
Voilà à peu près ce qu'on peut déduire de la lecture du livre "ShanghaÏ l'ambitieuse" et ce à quoi l'on peut s'attendre quand on se documente dans sa petite chambre montpelliéraine. ET PUIS, tu prends ton petit avion avec Hugo, on te prend ta température à l'aéroport pour vérifier que tu n'arrives pas grippé, tu sors de là et tu t'attelles à remettre le vrai et le faux à leur place, à maudire cette vieille conne d'écrivain pour ses foutaises, à rire gras tellement ses blagues étaient bonnes, et à te dire, quand même, de temps à autre qu'elle avait pas tort. Biatch.
Elle avait pas tort, la ville est monstrueuse. Immense. Il faut environ une heure et demie-deux heures pour la traverser en taxi de bout en bout ( ce qui est a peu pres le temps de trajet pour faire Montpellier-Toulouse mais passons...) et si on s'adonne a cette petite balade, on pourra avoir le plaisir d'admirer des buildings, des buildings, d'autres buildings ah oui et... encore des buildings.




Ils sont plus ou moins impressionnants selon que tu t'approches du centre ou que tu t'en éloignes, mais ils n'en restent pas moins des buildings. Je vous joins des photos prises du haut de la Pearl Tower, 600 mètres et quelques, en haut de laquelle je suis montée, comme une grosse touriste qui a fait la queue deux heures pour monter cinq minutes en haut d'un putain d'immeuble, comme une grosse touriste vous dis-je . Quant aux chinois, je vous rassure ils sont bien 20 millions. Oserais-je vous quoter jacques dutronc ? Non. Mais pourtant j'en ai envie...Quand tu te rentres chez toi à dix huit heures tu te dis "putain mais qu'est ce qu'ils ont tous, ils se sont tous donnés rendez-vous devant chez nous ?? c'est quoi c'est la teuf du quartier ?? " Non non. C'est juste comme ça à tous les endroits de la ville simultanément. Partout. Tout le temps. Bien sûr, si comme je l'ai fait récemment, tu t'aventures sur Nantzing Road, la plus grande rue commerçante de la ville (c'est beau, ça brille) un 1er octobre au soir, tu risques de tomber sur le combo, mais globalement, c'est tout le temps le bordel, absolument partout. AUCUNE ECHAPPATOIRE.
Nantzing Road le 1er octobre
Discussion avec une chinoise " I went to india this summer and oh my god, there was so many of them you know ?! i could'nt breeze, they are way to much !
-héhéhéhéhé. LOL. I 'll nerver go to india. "
Ces chers petits chinois, si nombreux donc, sont assez fidèles à leurs clichés. Relativement petits, dents plus pourries que la moyenne, acné pour adultes assez répandu, foutrement incroyablement gentils, et toujours en train de rigoler. Bon, j'en rajoute. Mais quand même. Une propension assez incroyable à éclater de rire sans que tu es la moindre chance de comprendre pourquoi, bien qu'il y'ait de fortes chances pour que ça ait un (petit) rapport avec ton accent quand tu as passé la porte en disant "tzaÏ djien" (au revoir). Mais surtout, oh oui surtout, les chinois...accrochez vous bien ça vire au scoop...ne parlent pas anglais ! Oui, je sais...fou non ? Moi aussi ça m'a surprise...je vous donne par la présente l'occasion de vous moquer de ma touchante naïveté, mais je m'étais laissée bercer par la douce illusion que Shanghaï, c'était tout comme Honk Kong. Ahah. Ahahahahah. La bonne blague. Au dessus de 25 ans, il est impossible de trouver la moindre personne alignant un mot d'anglais. Les mecs de l'accueil de notre résidence réservée aux étudiants internationaux ne parlent pas anglais, ils ont affaire toute la journée a des couillons de ricains venus se plaindre de leurs douches qui ne marchent pas, et ils ne parlent pas anglais. Les mecs dans les banques ne parlent pas anglais, ils ne parlent pas anglais à la poste, pas anglais dans les restaus, pas anglais dans les taxis...et je pourrais continuer longtemps. Il est entendu qu'étant donné mon niveau de chinois, je ne devrais pas rencontrer trop de difficultés. Et pourtant. Figurez-vous que c'est un beau bordel. Il s'avère heureusement que j'ai une patience à toute épreuve, des nerfs et un sourire bien accrochés, et un don inouï pour les mimes et le pictionnary ^^
Savoir mimer, c'est important.
Laissez-moi vous conter une petite histoire illustrative de la nouvelle dimension que prennent ici les petites choses les plus simples. Commençons d'abord par préciser qu'il y'a de ça un mois, j'ai fait honneur à ma réputation et oublié ma carte bleue dans un distributeur au supermarché. Quand je me suis rendu compte du drame j'ai enfourché Tornado, mon vélo trop bô, et est débarquée paniquée au milieu du supermarché sans aucun moyen de faire comprendre au pôvre mec de l'accueil désolé, de quoi j'avais besoin. Je me suis retrouvée au milieu de dix employés a mimer une carte bleue, puis l'oubli de la dite carte, tout en essayant de déceler sur leurs visages l'étincelle de celui qui a compris...jusqu'à ce qu'il finisse par me ramener un cadre sup parlant anglais. Et là, la preuve par l'humain de la gentillesse de ce petit peuple, le gars était tellement désolé de me voir dans l'état ou j'étais (pitoyable...) me propose de me donner de l'argent pour que j'aille m'acheter à manger, au cas ou. Il est pas arrivé le jour ou le cadre sup de carrouf me proposera 10 euros pour me payer un do-mac. Quelques jours plus tard je me suis rendue pleine d'entrain et d'espoir à la banque pour essayer de choper du liquide grâce à un gentil mandat Western Union envoyé par papa Dony. Et là, drame d'incompréhension mutuelle, la banquière a refusé de me donner de l'argent car le mandat était au nom de Léa Dony, et mon passeport au nom de Léa Hélene Marie Dony. Vas t'en t'expliquer par le mime le concept de deuxième et troisième prénom à des gens dont la synthèse du prénom et du nom ne dépasse jamais plus de quatre syllabes. Désemparée et impuissante, je leur ai sorti toutes les cartes possibles et imaginables, carte viva, carte de sc po, de lille 3, d'identité, pour leur montrer que Léa Dony c'était bien moi. Les cartes sont passées de mains en mains de chinois hilares, et je n'ai pas eu d'argent.
J'espère avoir réussi à vous éclairer sur la simplicité de la vie ici ^^
Pardonnez-moi, je n'ai pas le courage de me lancer ici dans la description de l'administration universitaire qui n'est toujours pas capable à la mi-octobre de me fournir un calendrier de l'année scolaire en anglais.
Mais passons. Héhé, je suis sure que toi qui est arrivé jusqu'ici
1.tu te faisais chier ce soir
2.tu représentes une proportion d'un dixième des visiteurs de ce blog
3.tu es éberlué par mon talent prosique.
Mais continuons. Donc Shanghaï, c'est pas petit. Et c'est aussi la ville des vélos. Que Julie Davidoux ne m'en veuille pas si je lui ris un peu au nez. Il y'en a partout. Il faut partir en avance en cours, pas pour être à l'heure en cours mais pour trouver un endroit ou se garer, devant chaque supermarché, bouche de métro, il y'a des parkings a vélos avec des gardiens que tu rémunères a chaque fois O,50 RMB ( a peu pres 5 centimes d'euros), tu roules tranquille et devant toi déboules un mec qui porte sur son vélo a peu près 30 kilos de polystérene, bambous, matelas, et qui en plus roule plus vite que toi, le matin les parents amènent parfois leurs deux gamins à l'école sur le vélo avant de partir bosser, et quand tu sors de chez toi aux heures de pointes, tu es pris dans des embouteillages de vélo ! J'aime ce concept. Plus magique encore, comme il est évident que tous ces gens n'ont pas de voiture par quoi remplacer le vélo quand il ne fait pas bô , les chinois ont inventé le concept magique du kawé pour vélo ! le kawé magique te couvre toi, ton sac, ton vélo, a une petite visière, et comble du bonheur, il en existe de toutes les couleurs, plus flashis les unes que les autres, ce qui fait que les jours de pluie tu as l'impression d'être dans un merveilleux monde de télétubbies roulants.




1.Les problèmes de parking. 2.Vis ma vie :"mon vélo est mon outil de travail" 3. Pour vous, l'Ofup a changé. 4.Le kawé vélo magique 5. Pleins de télétubbies
Quand tu as bien roulé sur ton vélo, trouvé n'importe ou pour une somme avoisinant les 10 euros, te voilà bien affamé. Et là, malin lecteur que tu es, tu as même deviné que je venais de t'introduire le passage alimentaire. Tu es fort lecteur.
Commençons par la première information, primordiale et capitale, à prendre en compte dans toutes vos futures vannes nazes : LES NEMS C'EST PAS CHINOIS. Voilà. C'est dit. les nems, c'est thailandais, ou vietnamien je ne sais plus. Mais ça n'existe pas ici, je n'en ai pas vu un depuis mon arrivée. Je suis dailleurs très frustrée. Le prix de la bouffe est dérisoire, si tu manges pour plus de 5 euros c'est que tu es dans un restau chic, ce qui ne nous encourage pas à faire la cuisine. Qu'Emile et ma mère me pardonnent, nous bouffons dehors midi et soir. Tous les soirs débarquent devant les résidences universitaires (c'est à dire devant chez nous, je suis ravie de voir que vous avez suivis), une quinzaine de bouibouis venus en vélo nous proposer des raviolis, des nouilles sautées, la version chinoise du kebab, des brochettes, des soupes, et tout autant de petits stands éclairés par de mignonnes petites amboules et peu regardant sur les conditions hygiéniques de conservation des aliments.

1.Les bouibouis de rue, 2.Le kebab chinois, une espece de grosse crepe dans laquelle tu fourres tout ce que tu veux et qui te reste trois jours sur le bide 3. le traiteur carrefour (for real), des baoxi (pains fourrés a la viande) des raviolis etc...
Avec le temps, j'ai appris à mimer a la perfection les effets de l'épicé sur la pauvre européenne que je suis, ce qui fait beaucoup rire les cuistos et limite la casse. Mais voilà, les chinois et moi n'avons pas la même notion du "pas épicé" et je morfle plus que je ne mange. Mais rassurez-vous, je m'y ferais.
Les chinois ne sont pas des couche-tard, ils dinent entre 18h30 et 20h, et les restaus sont en général vides aux alentours de 20h30. Egalement, nous avons du nous habituer au concept de la bouffe partagée. Au début, nous commendions chacun un plat et étions surpris de nous retrouver avec des quantités de bouffe démesurées. il s'avère qu'ici, tous les plats sont mis en commun, chacun pioche et met ce qu'il veut dans une petite coupelle qu'il a à sa disposition : ça présente l'avantage indéniable du choix, et résout le problème occidental de l'assiette du voisin qui te fait plus envie que la tienne.

Resto de hier soir 1.bouffe pour 5 2. resto a 20h
J'en ai marre d'écrire, et je suis sûre que vous en avez marre de lire. Prochainement, la fac, les cours, vivre avec hugo petit, shanghaÏ by night, la culture, l'expo universelle, les vacances. Tout ça quoi. Excusez-nous, mon portable et moi, pour ces photos pourries, on envie vos bijoux de technologie.
Sans empiéter sur la prochaine fois, vous n'avez pas idée de l'envie que j'ai d'aller voir une pièce pseudo-contempo pourrie avec Emlie au fin fond de la banlieue lilloise, de voir Johanna Silva faire un concours d'alcool avec Janoé Vulbeau et perdre comme une merde, et même de voir Laure Basile ivre me brailler dessus et danser sur du Mickeal Jackson.
Fartez-vous bien mes très chers copains européens, américains, australiens et libaniens (pardonnes moi emile, c'était pour la rime.)
A bientot !
Pour la fin, le meilleur. Pourquoi j'aime avoir retrouvé Facebook, et pourquoi c'est bon de savoir que vous vous éclatez.
Basile, tu me manques ^^