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Blog qu'il a été fait pas si moche exprès pour les copains qui partent à l'étranger. Si t'es pas un copain, ben ce blog tu t'en fous.

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C'était le monde à l'envers.

Mais Diable! D’où vient le cliché du jeune immigré qui agresse le vieil italien ?

 

Samedi, j’ai joué du foot avec un italien, deux espagnols, un Nico Salvi et un réfugié politique iranien ; parler avec un gosse rom ; manger à côté de somalis. Dimanche dans le train je fraternise avec des élèves-officier de l’académie militaire de Modène. Lundi, j’ai découvert que derrière une obscure porte de ma fac se cachait un magnifique jardin réservé aux étudiants. J’aurais presque pu me laisser à penser que l’Italie était un vaste paradis de beauté et de fraternité.

  

Mardi, 18h. Je prends le bus pour rentrer chez moi. Il est bondé mais j’arrive à faire ma place. Derrière moi, un vieil italien, la soixantaine, la peau rouge, des cheveux blancs et un bel embonpoint. Appelons-le Umberto. Il parle tout seul, très fort, d’une façon qui rend difficile la compréhension de ses dires. Un mélange d’italien, de bolognais et de napolitain. Peu à peu, j’arrive à comprendre qu’il parle des « extracomunitari ». Extracomunitari, littéralement, c’est celui qui n’est pas de la communauté européenne. En novlangue ça veut dire noirs, arabes, roms, paki etc…

En fait, il parle à un extracomunitari en particulier. Ils s’engueulent depuis Via Independenza, depuis 20 bonnes minutes maintenant. L’extracom aurait « mal parlé » au vieux. Dans le bus, les insultes racistes de l’italien pleuvent sur l’impassible extracom. « Je vais te montrer ce que c’est que l’honneur moi ! Descend au prochain arrêt et je vais te régler ton compte ». Personne ne réagit, l’extracom est calme et séparé d’Umberto par trois mètres de distance et quatre passagers. Nous passons le pont San Donato. Le vieux hurle « Moi j’ai des couilles et je vais te le montrer ! Descend au prochain arrêt et je vais te régler ton compte ! ». Là, un passager plaisante « Saint Vierge Marie, faite qu’on arrive à ce foutu prochain arrêt ! ». Une blague, même médiocre, est le prétexte suffisant pour faire rire les passagers, pour décompresser.

Mais Umberto, lui ne décompresse pas. « Ha toi connard, je vais te montrer ce que c’est que l’honneur de chez nous ! En Italie ! » et il se met à fouiller dans sa poche. Pendant cinq secondes je me crois dans un mauvais film du KKK « take your gun and shoot the neger ». Je souris de ma stupidité lorsqu’il sort de sa poche une espèce de marqueur. En fait, ce que j’avais pris pour un marqueur était un cutter. La lame sortie, la tension change de sens et certains passagers disent au vieux de se calmer.

 

Comme la cavalerie, le prochain arrêt arrive. Le vieil italien me pousse pour descendre. Il se met à attendre que l’extracom descende à son tour. Pas con, ce-dernier reste dans le bus. Avec deux autres passagers, nous sommes sortis et entourons Umberto pour pouvoir réagir rapidement en cas de dérapages. Un raciste en colère avec une lame est une personne dangereuse. Finalement, le vieil italien se lasse et part en insultant l’extracom. Je remonte dans le bus qui repart.

 

 

Tom-Tom je suis, Tom-Tom je resterais donc vous imaginez bien que je ne vais pas m’arrêter là. Je vais vous parler un peu de la Ligue du Nord. Par une froide journée d’hiver de 1991, des mouvements autonomistes d’extrême droite de toute l’Italie du nord se réunissent pour proclamer la naissance de la Lega Nord. Ce parti est populiste, poujadiste, xénophobe et indépendantiste. Il réclame l’indépendance des régions du Nord de l’Italie contre « Roma ladrona » (Rome la grande voleuse) et le Sud pauvre et mafieux.

 

Des mouvances de cet ordre ont toujours existées. Ce qui rend la Lega différente, c’est sa puissance. La Lega est le parti-clé de la coalition de Berlusconi. Sans la Lega, Berlu tombe et terminera rapidement en prison pour corruption. La Lega a donc obtenu le poste de ministre de l’intérieur. Maroni devenu chef de la police, il s’est empressé de légaliser les « rondes citoyennes » qui ne sont rien d’autres que l’officialisation de la chasse au raton.  Lega-Sanita.jpg

 

La Lega a trois piliers qui font sa force : absence de corruption, discours xénophobe, force militante ultra active. La Lega mène une politique d’hégémonie culturelle. La Lega ne veut pas seulement que les gens votent pour elle, elle veut que chacun pense Lega, vive Lega. Délinquance ? La faute aux Rom. Tu n’arrives pas à trouver une place à la crèche pour ton enfant ? C’est la faute aux immigrés qui font plein d’enfants. Tu payes trop d’impôts ? C’est à cause de Rome qui te vole ton argent pour le donner à ces feignants mafieux du Sud. Tu attends trop à l’hôpital ? C’est la faute des arabes, des noirs, des rom et des chinois. (cf affiche: "Devinez qui est le dernier?" Le vieux messieurs blanc et gentil qu'un musulman barbu portant un couteau empêche de passer)

 

Les Leghistes abordent le vert comme hier les fascistes abordaient le noir. Bandeau, brassard. Le Lega mise aussi beaucoup sur la jeunesse. Elle a beau être un parti stalinien dirigé par des dirigeants d’âge brejnévien, elle présente des jeunes et se la joue « cool et sexy ». 

Lega Mambo

 Italia-regionali3.gif

Le discours anti-immigré de la Lega est clair. A côté d’elle, Jean-Marie Le Pen fait figure de complexé. Soit dit en passant, je me demande pourquoi le FN n’a toujours pas copié cette affiche de chef indien qui donne le ton : « Ils ont subis l’immigration / Aujourd’hui, ils vivent dans des réserves / Penses-y ! ».

 

La Lega est le seul parti en Italie à progresser à chaque élection. Aux régionales du mois dernier, la Lega a obtenu des scores historiques. Elle est apparue dans les régions rouges de l’Italie. Situées au Centre de l’Italie, ces régions sont de tradition communiste. 7% en Toscane, en Umbrie, dans les Marches et même en Emilie Romagne, du jamais vu. Pire ; la Lega prend le pouvoir dans son fief Vénétien (avec plus du tiers des voix) et créé la surprise en gagnant le Piémont, ancien bastion socialo-communiste. La Lega qui prend le Piémont, c’est un peu comme si un FN flamand prenait le Nord Pas de Calais. En accédant au pouvoir ; la Lega renforce son influence. Elle supprime les subventions données aux asso qui luttent contre le racisme.

 

La Lega est grande aussi parce que la gauche est à genoux. Les classes populaires ne votent plus pour un centre-gauche italien bien mou. Beaucoup s’abstiennent, les autres se laissent séduire par le message simple et efficace de la Lega. Etonnamment, la Lega est très populaire chez les italiens vivant au Nord mais originaire du Sud, comme Umberto.

 

Je vous dis cela car l’Italie est un laboratoire politique. Elle connaît plus tôt et avec plus d’intensité des phénomènes européens. La personnalisation de la politique et le rapport douteux entre médias et pouvoir, l’Italie les connaît depuis le début des années 1990. Chez nous, c’est arrivé avec les années 2000. En Hongrie, le parti d’extrême droite Jobbik vient d’entrer au parlement passant de 2,20 à 16,67% des voix. Des évolutions de ce genre sont à craindre. Face à ce problème, les forces de gauche peuvent réagir assez simplement : présenter un message clair et crédible et incarner la nouveauté. C’est ce que Niki Vendola a fait dans les Pouilles (région pauvre du sud de l’Italie dont Nico pourrait nous parler longuement). Les élections ne se gagnent pas ni à gauche, ni à droite, ni au centre ; elles se gagnent toujours au peuple. La Lega l’a bien compris.

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T
<br /> Théo marque un point. Mais la France a toujours constitué une exception en la matière et De Gaulle, une exception dans l’exception. On ne peut pas vraiment parler de personnalisation de la<br /> politique sous Pompidou ou Chirac.<br /> <br /> Le rapport entre politique et médias a souvent été trouble mais la maîtrise de la télé dans l’Europe vieillissante permet d’influencer grandement le vote de ceux qui ont la télé pour seule source<br /> d’information. La différence avec les 60s c’est qu’à cette époque la télé n’était pas la principale source d’information. Aujourd’hui, internet se développe mais combien d’électeurs s’en<br /> servent-ils comme principale source d’informations ?<br /> <br /> @Dony. En italien on dit Bergamasco dont j'imagine qu'en français on doit dire Bergamasque ou Bergamascon.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Première règle voulue par mon nouveau coloc bergamais (bergamotte ? ) : ne jamais parler de politique. Même les conseillères régionales bonasses du petit journal ne le font pas rire.<br /> <br /> Et ces affiches sont folles<br /> <br /> <br />
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D
<br /> j'ajouterai aussi la vulgarité (cf. "Fais pas le malin"). Ce qui est bien avec Sarko, c'est qu'il est toujours là pour vous apporter des arguments inespérés !<br /> <br /> PS : http://www.rue89.com/derriere-le-barreau/2010/04/22/etrange-garde-a-vue-pendant-la-visite-de-sarkozy-a-bobigny-148481<br /> <br /> http://fr.wikipedia.org/wiki/Habeas_corpus<br /> <br /> http://fr.wikipedia.org/wiki/Lettre_de_cachet<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Je pense de toute facon que la confusion entre pouvoir et médias a d´une certaine manière toujours existée : controle, soumission, censure, manipulation, etc. et que Sarko comme Berlu ont porté<br /> ceci ä une sorte de chef d´oeuvre, y´a quand meme eu desm moments ou c´était mieux (un peu). Et surtout je pense qu´ils portent a son paroxysme (du moins depuis (tres) longtemps) la mise au rebut<br /> de l´interet general et la vue a long terme face a l´interet personnel.<br /> <br /> <br />
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J
<br /> c'est vrai que cette article est stylé<br /> <br /> ah oui confirmation les pouilles c'est la région de Carla alors pas étonnant lol. Par ailleurs de bon petit festoch dans ces coin là aussi.<br /> <br /> Bises<br /> <br /> <br />
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