Blog qu'il a été fait pas si moche exprès pour les copains qui partent à l'étranger. Si t'es pas un copain, ben ce blog tu t'en fous.
Puisqu'il faut un début à tout, autant commencer par des excuses: désolé de n'avoir rien écrit avant. Mille excuses.
Après un stage aussi éprouvant qu’intéressant, après avoir vu une génialissime représentant de Don Giovanni de Mozart, après avoir regarder l'Euro 2012 dans l'ambassade d'Allemagne à Paris, et après un dilemme cornélien qui me fit préférer Bruges à Saint-Cyr comme antichambre de la recherche d’emploi, je mis les voiles vers quelques voyages.
Premier arrêt : la province de Québec
Pourquoi y aller ?
Certainement pas pour cette nourriture qui transforemait presque un Burger King Allemand en restaurant gastronomique. Car, même si le smoked meat Montréalais est une viande de boeuf dont le goût ressemble étrangemment à de l'excellente mortadella bolognaise moins grasse que d'habitude; le plat traditionnel du Québec est cet étrange pudding de frites molles et de fromage sans goût qu'ils appellent Poutine.
Ni même pour cette langue si familière et si étrange à la fois. Langue où le mot Bisounours est remplacé par Calinours, où les bars s'appellent parfois "les foufounes électriques" et où un petit ami se dit "tcheum".
Alors pourquoi? Par ce hasard qui a voulu que Montréal soit la ville-hôte d’une simulation de parlement européen (la SPECQUE) à laquelle j’ai participé pour la deuxième fois cette année. J’y ai tenu le rôle du chef du groupe des socialistes (tant qu'à faire).
Le Québec, niveau architecture, sans réelle surprise, à moins d'avoir un amour du quadrillage et des grattes-ciels, c’est mieux en Europe. Mais, parfois on a de belles surprises, comme la Basilique Saint-Anne qui se trouve à quelques dizaines de kilomètres au nord-est de Québec. L’intérieur est époustouflant tant il ne ressemble à aucun des lieux de culte que j’ai eu l’occasion de voir. Des peintures qui ont un côté orientalisant, doré-mais-pas-trop. Et du syncrétisme puisqu’en haut des piliers de la croisée du transept étaient inscris les quatre valeurs de la Rome Païenne : force, prudence, tempérance et justice. Etrange clin d’œil à l’excellent livre qui m’accompagna lors d’une partie de cet été : Histoire de la Rome antique.
Mais le mieux au Québec, c’est la nature. Avec quelques survivants à notre simulation de Parlement Européen, nous sommes allés en une sorte de road trip avec une direction : Tadoussac et ses baleines. Les baleines valaient le voyage, la nature aussi. Avec de quoi faire des bonnes photos de pochette d’album folk :
En milieu de billet de Tom-Tom, il faut un point politique. Il ne concernera pas la crise de l’euro tant notre impéritie collective m’afflige. Je parlerais de politique québécoise. J’étais au Québec au cœur de la campagne électorale et ça intéressait les gens. 75% de participation, bien mieux qu’aux USA, aussi bien que chez nous. Le vainqueur est le Parti Québécois, une sorte de parti social-démocrate et indépendantiste (sa cheffe appelle le Canada le « pays voisin »).
Mais l’indépendance n’est pas pour demain. Le Gouvernement Fédéral Canadien s’arrange pour sélectionner des immigrés anglophones qui iront s’installer au Québec, ce qui dilue la population de francophones. Exemple, je suis tombé sur un chauffeur de taxi de Montréal qui refusait de parler un seul mot de français –pas même bonjour. Cette présence anglophone fut sans doute suffisante pour empêcher l’indépendance du Québec en 1995 puisque le référendum pour le « oui » à l’indépendance n’obtint que 49,5%.
Le PQ a donc obtenu un bon score mais n’a pas réussi à mobiliser la jeunesse étudiante qui arbore pourtant depuis des mois le carré rouge, symbole de l’opposition à la hausse des frais d’inscriptions à l’université. Ainsi, le PQ sera à la tête d’un Gouvernement de minorité ce qui rend improbable la tenue d’un référendum sur la question nationale dans les quatre années à venir.
2ème arrêt. Franconie, nord-est de la Bavière. Petit camp de jeunes socialistes Allemands. Disons que c’est un peu une mini-version du camp des jeunes socialistes norvégiens d’Utoya (là où Anders Breivik est allé s’amuser). Beaux débats, belles rencontres, et début de l’apprentissage de ce qui pourrait devenir ma 3ème langue vivante.
Prochain arrêt. Une fairy tale fucking town –comme le dit un des personnes de In Bruges. Bruges, sa gran’place, son Collège d’Europe, son internat, ses cours obligatoires du lundi matin au samedi soir, ses deux semaines de vacances par an. En tout cas, si vous passez dans le coin, faites-moi signe. J’y serai dès lundi matin et jusqu'à fin juin.
Des bises,
Thomas
P.S
Une photo d’un animal très présent au Canada dont Nico sait fort bien imiter le cri (testé et approuvé en février 2008 en Suisse sur la musique des Beach Boys).