Blog qu'il a été fait pas si moche exprès pour les copains qui partent à l'étranger. Si t'es pas un copain, ben ce blog tu t'en fous.
Afin de vous rassurer après mon entrée en matière ô combien sulfureuse, je vous propose une courte visite de mon chez-moi. Mon appartement semble en-dehors de la ville, tant il échappe à sa démence ordinaire.
Mes principaux voisins sont les habitants du foyer des Soeurs Antonines en face (qui a une particularité, que je vous ferai découvrir tout à la fin de l'article). C’est étonnant, mais ces habitants sont très calmes ... A part un coq qui me rappelle que toute vie digne de ce nom est à la campagne. De plus, le foyer nous « protège » du bruit des artères de circulation du côté ouest. Quant au côté est... voyez plutôt :
Eh oui, c’est çà (une partie de) la vue depuis mon balcon. Janoé, tu peux test? L’avancée sur la mer que vous voyez en face est le lieu de stockage des déchets de la ville (rassurez-vous, un article « environnement » sera rédigé). Quant au port, vous ne pouvez que l’imaginer sur votre gauche, caché par les immeubles. Inutile de vous dire que la vue de nuit est absolument féérique et qu’elle n’incite guère au travail nocturne. Pour enfoncer le clou, sachez que notre immeuble est doté, comme 80% des immeubles beyrouthins, d’un toit-terrasse du haut duquel la vue est encore plus sympathique.
Maintenant, voilà le salon : vous vous en doutez, tout va bien. J’ai même envie de dire que c’est le luxe.
Comme je ne vais pas multiplier les photos et que les autres pièces sont moins belles, je ne les montre pas.
En tout cas je suis comblé sur le plan domestique, surtout maintenant que j’ai même un fer à repasser. Ma colocataire Mathilde prétend n’avoir jamais vu un mec repasser. De mon coté, je n’avais jamais quelqu’un se faire un masque d’argile. Chacun son truc.
Pour le moment, nous n’avons pas encore fait connaissance avec les voisins de palier, à part une brave dame âgée. Celle-ci, ne parlant ni français ni anglais, ne nous a pas moins entretenu pendant cinq minutes alors que nous lui signalions nettement que nous ne comprenions rien. Elle semblait très heureuse de voir des jeunes et nous a invités à lui rendre visite. Que faire selon vous ? Y aller au risque de rester une heure à sourire bêtement sans comprendre un mot ? J’attends vos suggestions.
Il vous faut également savoir comment on nettoie un immeuble à la mode de chez nous : un beau jour, sans crier gare, deux gars viennent autour de 15h, montent au dernier étage et inondent le palier ; ensuite, ils raclent l’eau, ce qui provoque une cascade suspecte dans l’escalier. Tout l’enjeu est de ne pas déverser trop d’eau pour éviter que cela ne passe sous les portes, enjeu qui nécessite une gestion à long terme puisque la manoeuvre est répétée à chaque étage. Le pire serait une inondation du proprio de l'immeuble qui est justement au premier étage. Ceux qui se donnent la peine d'expliquer que leur loyer se paie en cash ont bien du courage : j'en suis désormais.
Enfin, comme vous pouvez le constater sur la photo, le salon est très grand et surtout le clic-clac peut accueillir (plus d’)un touriste en goguette. Sachez au passage que le visa est gratuit pour les ressortissants français.
A bientôt,
P.S. : rien que pour vos yeux, j'ai édité mon premier article également
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“La ville (de Beyrouth) occupe une gracieuse colline qui descend en pente douce vers la mer; quelques bras de terre ou de rochers s’avancent dans les flots et portent des fortifications turques de l’effet le plus pittoresque; la rade est fermée par une langue de terre qui défend la mer des vents d’est; toute cette langue de terre, ainsi que les collines environnantes sont couvertes de la plus riche végétation; les mûriers à soie sont plantés partout et élevés d’étage en étage sur des terrasses artificielles; les caroubiers à la sombre verdure et au dôme majestueux. Les figuiers, les platanes, les orangers, les grenadiers et une quantité d’autres arbres ou arbustes étrangers à nos climats, étendent sur toutes les parties du rivage, voisines de la mer, le voile harmonieux de leurs divers feuillages; plus loin, sur les premières pentes des montagnes, les forêts d’oliviers touchent le paysage de leur verdure grise et cendrée: à une lieue environ de la ville, les hautes montagnes des chaînes du Liban commencent à se dresser; elles y ouvrent des gorges profondes, où l’œil se perd dans les ténèbres du lointain; elles y versent de larges torrents, devenus des fleuves."
Nous étions en 1832, à une époque qui m'aurait sans doute mieux convenu ; je tenais à faire ce petit encart, ne serait-ce que pour le goût littéraire de certains d'entre vous (je songe à Julie mais aussi à Janoé, toujours au courant des derniers écrivains à la mode).