Blog qu'il a été fait pas si moche exprès pour les copains qui partent à l'étranger. Si t'es pas un copain, ben ce blog tu t'en fous.
Chers camarades non germanophones et néanmoins amis,
Loin de moi la volonté déplacée d’occulter le cri de rare de Johanna, car celui-ci a toute sa place sur le paradis informatique. Que dire, si ce n’est que la Kronembourg, c’est quand même très suspect : mais il faut avoir vu la brasserie de Strasbourg pour le savoir. Les articles semblent fleurir comme les bourgeons en cette verte saison. C'est la période.
Comme vous le constatez, l’apparence de la région a quelque peu changé. Les genets, envahissantes broussailles totalement inutiles au bon fonctionnement de la Nature (mais qu’en savons-nous ?) nous gratifient de bouquets jaunes d’un goût discutable, les châtaigniers commencent à reverdir et nous gratifient d’un vert plus fluo que les lunettes d’Eva Joly. Observez ainsi le contraste à quelques 1300 et des bananes mètres d’altitude. Dire que fin janvier, lorsque j’ai franchi ce col, j’avais mis une heure et que je tremblais de voir le thermomètre de la GronchonMobile se rapprocher doucement mais sûrement du zéro. Désormais la voiture connaît la route toute seule. Dangereux.
Je ne résiste pas non plus au plaisir de vous montrer que moi aussi (attaque !), je puis travailler le fayard : le fayard est en effet le nom local du hêtre, lui aussi resplendissant à cette époque de l’année.
Quel plaisir de revenir vers vous en joli mois de mai, alors que tous les espoirs semblent permis ;
Grâce à l’élection de François Hollande, Thom-Thom va sans doute être nommé à la tête du SGAE (en cas d'incompréhension, retournez consulter les cours de 2° année que vous avez gardés sous l'oreiller) et changer l’Europe ;
Grâce aux concours de la fonction publique, Jojo va réorganiser l’administration territoriale vers une planification efficace tendue avec acharnement vers la réduction du temps de travail ;
Grâce à sa maîtrise de la langue de Fayrouz, Nico va devenir le nouvel Albert Londres ;
Grâce à son sang-froid et à sa résistance aux moustiques, Théo va faire cesser tous les conflits dans le monde ;
Grâce à son caractère intrépide, Maud va dénoncer les ravages de l’impérialisme occidental en Amérique Latine et fonder un groupe avec Manu Chao ;
Grâce à sa persévérance en matière d’improvisation éloquente, Antoine va décrocher une bourse de thèse ;
Grâce à son talent et à sa connaissance impeccable des séries télévisées, Léa va révolutionner le cinéma américain et faire déferler sur la terre entière des créations fraîches, drôles et décalées...
Je sais que j’en oublie. Ils me pardonneront, ou bien ils écriront sur ce blog.
Et moi dans tout ça ?
Cessez de me regarder avec ce regard bovin ! Car oui, les vaches sont de nouveau de sortie, signe indéniable que le printemps est enfin arrivé sur le plateau ardéchois. Après tout ce temps passé dans d'obscures étables, il faut bien qu'elles ruminent l'herbe verte et non rouge ; le beurre de printemps est paraît-il le meilleur, mais là ce ne pas des laitières je crois bien...
Et ce que vous attendiez avec tant d’impatience va pouvoir enfin régaler vos orbites révulsées par une longue attente hivernale à l’ombre des ions informatiques : le mois de mai.
[Si vous agrandissez vous verrez la tour de Borne au milieu. La vie est difficile.]
Alors, que fais-je ? A quelle destinée me prépare-je ? Malheureusement je l’ignore toujours. J’imagine que vous êtes fort curieux de ma situation professionnelle depuis environ un mois et demi. Sachez que mon réseau Linkedin demeure au point mort, en vertu des efforts involontaires de Thom-Thom pour m’inviter à rejoindre ce simili-Facebook, que même SciencesPo refuse désormais pour créer son propre réseau de gens « in » grâce à l’entreprise d’UMP GrandesEcoles.
L’évaluation du programme Leader sur le territoire du GAL des 3 Sources se porte bien. Nous restons dans l’anonymat pour l’instant mais un site Internet (joie ! Je ne m’en occupe pas !) verra bientôt le jour pour répondre à toutes vos questions. Je puis vous livrer une photo officielle en avant-première.
Voyez que ça a l’air de bosser dur. Tiens ça me fait penser que le portrait va changer.
Pour ne rien vous cacher, ce n’est pas facile tous les jours. Nous sommes trop peu nombreux sur ces 1000km² pour dépenser l’enveloppe gracieusement attribuée et nous risquons fort par conséquent de ne pas bénéficier d’une dotation complémentaire. Qui a dit que les caisses de l'État étaient vides ? En tous cas il me faut passer à une phase opérationnelle très très concrète : rédiger un beau rapport, réunir à nouveau tout le monde et présenter en chaire les résultats très secrets de mon enquête. J’ai récemment confié à Antoine mes déboires d’apprenti sociologue. Je suis tout aussi gêné de la faible pertinence économique de mon rapport. Mais comment faire pour relancer l’économie locale ? J’ai pourtant plein d’idées !
Je vous confierai plus tard quelques retours d’expériences : participer à la tonte des moutons, stimuler le marché de Langogne par la création d’une demande bloquée, soutenir le moral des producteurs en buvant des coups, mesurer l’impact de l’arrivée de Janoé dans 2 semaines sur le développement de la création artistique en basse Ardèche...
En attendant, je goute doucement à l’insouciance dans notre beau pays qui paraît-il court à sa perte (pour information, le second tour sur le seul plateau ardéchois aurait été Sarkozy vs Le Pen) tant morale que financière.
Afin de déjouer les pièges du fisc qui risquerait fort de ponctionner leurs frais de déplacement considérables dans ces zones de sinueuses montagnes, les jeunes fortunés de Saint-Etienne-de-Lugdarès ont essayé de changer de vallée.
Pour ce faire, j’ai donc dû -un homme de ma qualité- être initié à l’escalade, étrange pratique sportive (pléonasme) dont le but est apparemment de monter un obstacle, si possible le moins abordable possible, pour ensuite redescendre.
L’objectif était clair. Les Sources de la Loire, que certains d’entre vous connaissent déjà, sises au Mont Gerbier de Jonc.
Il s’agit de la petite butte là-bas au loin. Comme une butte de taupe. Symbole fort de l’identité du plateau, le Mont Gerbier n’est pas inconnu de nos grands-parents qui avaient encore à apprendre le nom de ce genre de lieu. Il s’agit apparemment d’une butte phonolitique (eh ouais...les cours de SVT...), i.e. quand la lave des volcans se refroidit vite eh bah ça fait des gros cailloux mais qui bougent plus et sont scintillants pour qu’on puisse les éclairer et qu’ils reflètent sous la loupe du microscope.
Comme nous sommes arrivés quelques minutes plus tard, je vous le montre de près.
C'est bizarre, hein ? Mais bon c'est ainsi, drôle de truc. En tout cas quand je suis sur le plateau ça m'indique le Nord-Nord-Est (on ne sait jamais...).
Tenez, j’en profite même : car comme nous allons vraiment très vite, nous passons de l’autre côté de ces sources, dans le cirque des Boutières. D’aucuns seront peut-être surpris, à contempler ces paysages qui sont quand même loin de chez moi, de se renseigner sur le Tchier de Borée sur wikipedia.
Mais il y a plus mystérieux : le massif du Mezunc (le Mont Mezunc, c’est le truc que vous voyez au milieu de la prochaine photo, à droite de la petite butte du Gerbier de Jonc...c’est le plus haut sommet d’Ardèche ohohoh ça ne rigole plus) est le théâtre plus ou moins régulier et dramatique d’accidents d’avions. Heureusement qu’il n’en passe pas tous les jours. C’est un peu le triangle des Bermudes local. Nul doute que l’activité volcanique ancienne a laissé des traces encore insoupçonnées en termes de magnétisme et d’ondes bizarres qui dérèglent tout ce que notre époque trouble et dissolue a pu générer de superflu par rapport à la bière, seul liquide véritablement nécessaire.
A moins qu’il ne s’agisse simplement de la terrible Burle...
Mais, comme m'a dit un maire d'une commune de ce sympathique cirque : "vivre ici, ça se mérite". 50km au sud, j'en suis encore loin.
Avis aux amateurs... Certains en cherchent apparemment.
Des bisous ! Vous me manquez bien sûr, et nous allons bientôt battre le rappel pour faire je ne sais quoi cet été et cet automne !