Blog qu'il a été fait pas si moche exprès pour les copains qui partent à l'étranger. Si t'es pas un copain, ben ce blog tu t'en fous.
Chers camarades et néanmoins amis,
C’est sous un ciel étoilé d’une limpidité qui serait aveuglante si elle n’était nocturne que je vous écris. Et sous le néon de ma cuisine aussi car qui dit nuit claire, dit léger frimas.
Je vous avais promis de présenter mon intérieur, voici donc la cuisine et ses murs désespérément blancs que je cherche à remplir d’éléments disparates, allant des dessins de mes petits neveux aux plans touristiques en passant par la bicyclette. Vous noterez la présence d’une quiche lorraine au four. Il y a certaines choses qui ne s’achètent pas. Pour tout le reste, il y a l’Union Européenne : le fanion en haut à gauche est celui du programme Leader, ce qui manifeste bien l’inextricable et malheureuse confusion entre les sphères privé et professionnelle de ma vie quotidienne. Au sujet de l'Europe, j'invite Thom-Thom à nous glisser quelles sanctions l'UE va-t-elle prendre cet été lorsqu'Israël effectuera des raids contre les centrales iraniennes (je rappelle que cette information est confirmée par le Canard Enchaîné ; tenez au passage, j'ai récemment écouté une émission sur "L'Affaire Stavisky", grand escroc au début des années 1930 : à l'époque, le Canard avait écrit "Stavisky a été suicidé. Il s'est tué d'une balle tirée à 3 mètres de distance : voilà ce que c'est qu'avoir le bras long.").
Je tiens à rassurer tous les fans, d’ores et déjà nombreux, de la GronchonMobile. Celle-ci se porte bien, malgré le retour du -15°C, car elle a désormais un garage rien que pour elle et une superbe bétonneuse, garage gentiment mis à disposition par les services techniques municipaux, mais chut il ne faut pas le dire trop haut ça pourrait faire des jaloux.
Je suis donc en mesure de prendre gaiement le volant et de piloter sur les routes givrées.
Routes givrées qui m’amènent là où le monde culturel se réunit, par exemple à Mende. Vous l’ignoriez, mais me voilà en capacité d’aller à Mende. Qui l’eût dit. Où je suis allé, dans la fort jolie vieille ville, écouter ceci :
http://www.myspace.com/onelickless
Et j’espère que vous partagerez mon opinion, mais j’ai trouvé que c’était vraiment pas mal. Voici donc pour ma première sortie culturelle. Je n’étais pas seul, loin de là, ni au départ, ni au bistrot. Eh oui c’est possible. N’oublions pas que la Lozère est un département important, où d’ailleurs se forgent des destins de président à tire-larigot : Jacques Chirac et François Hollande, pour ne citer qu’eux... Voilà qui me rappelle que le Salon de l’Agriculture est imminent. J’espère que les parisiens parmi nous ne se cacheront pas pour une fois et prendront le temps d’y aller et de plébisciter les productions du plateau ardéchois. Nous comptons sur vous. Moi j’y vais pas. Je bosse !
Probablement m’attendez-vous au tournant sur cette question, mais lequel ? Il y a tant de virages dans ces routes de montagne... Passablement échaudés par l’affligent manque d’imagination dont témoigne cette dernière blague, vous trépignez mais je resterai muet comme une carpe dans un ruisseau à qui l’on aurait pas demandé de s’exprimer ! Néanmoins, je peux vous glisser une chose : la « démarche évaluative » est lancée. Votre serviteur, ayant été invité à faire les choses dans les règles de l’art, est armé
de questions évaluatives (par exemple : « la stratégie mise en œuvre par l’actuel président était-elle pertinente pour démoraliser les concitoyens ? ») ;
de batteries d’hypothèses relatives à ces questions (par exemple : « on peut dire que cette stratégie était pertinente si les citoyens sont démoralisés au point d’être prêts à voter à nouveau pour lui ») ;
des indicateurs très très objectifs pour mesurer la réalisation de ces hypothèses (par exemple : la consommation d’anti-dépresseurs, les interventions du samu social, l’audience du JT de TF1) ;
et enfin, car me diriez-vous, un indicateur ne mesure rien de plus que ce qu’on veut lui faire dire, des éléments de langage propres à préparer le difficile face-à-face avec les Français en leur posant les bonnes questions (par exemple : « monsieur Mathieu est-ce que ce soir vous regrettez votre geste ? »).
Maintenant que je vous ai livré l’ensemble des techniques du métier d’évaluateur, vous n’avez plus qu’à adapter la procédure à toute politique publique que vous jugeriez digne d’intérêt. Petit conseil pratique, gardez à tout moment la capacité de justifier vos choix par rapport aux préférences du donneur d’ordre. Car c’est là la grande question qui va déterminer beaucoup de choses : qui la demande et pourquoi ? Non content de m’être, par ces derniers paragraphes, mis au chômage de longue durée en fournissant à la concurrence que vous constituez sur le marché du travail un supplément significatif de capital humain (que vous allez bien entendu faire fructifier dans une attitude non coopérative), je vais derechef (dédicace à Nico) contribuer à me mettre au chômage par anticipation en avouant que pour l’instant, je suis dans une phase d’expectative : toute ma trame d’évaluation dort dans un ordinateur, je la peaufine et anticipe sur les entretiens à mener, car je dois attendre précisément l’étape de confrontation de ladite trame aux préférences des donneurs d’ordres. Pour faire simple : j’ai fait en fonction de ce qui a été dit pendant 2*3 heures, est-ce que tout le monde peut être d’accord avec moi ? Est-ce que le temps ne va pas en décider autrement ?
Comment faire ?
Mystère.
Ce serait néanmoins positivement incroyable (Dieu que cette tournure me paraît empruntée aux traductions des romans russes du XIX° siècle). Qu’en pensez-vous ?
Sur un plan plus strictement personnel, je vous informe que mes parents ont passé deux jours chez moi, et en sont repartis enchantés. Il semblerait que le retour à l’air pur des cimes leur ait fait le plus grand bien. Preuve en outre que l’endroit est tout à fait idéal pour accueillir des touristes en villégiature.
Mais malheureusement, de nos jours, la publicité écrite ne suffit plus. Le chaland exige de l’image comme produit d’appel ! Je me vois donc bien contraint d’ajouter quelques menus photographies.
Le printemps arrive à grand pas et nul doute que les amoureux d’activités de pleine nature que vous êtes attendez de savoir si j’ai désormais le loisir de me casser la figure sur les sentiers escarpés.
J’en profite pour signaler que j’ai repassé en sens inverse le col de la Croix de Bauzon. Cet allez-retour m’a paru incroyablement court par rapport à mon premier aller, ce qui m’étonne encore. Comme quoi les premiers instants passés dans de nouveaux endroits, qui vont par la suite devenir familiers, sont toujours magiques et me font penser à la façon dont, enfants, nous appréhendions chaque événement – nécessairement nouveau et extraordinaire. Les personnes sceptiques à l’idée qu’il puisse faire 16°C ce samedi sont priées de se signaler.
Et pour que vous compreniez pourquoi Janoé adore l’Ardèche, je joins la photo suivante : en bas se trouve la grotte Chauvet (tu devrais faire cette promenade Jaja c’est magnifique ; d'ailleurs es-tu déjà allé dans la grotte magique, celle où on peut se balader, c'est impressionnant), près de Vallon Pont-D’arc, que vous retrouvez ici. C’est apparemment très touristique en été, avec plein de gens hollandais qui vivent dans des camps retranchés. Mais c’est loin de chez moi, c’est côté "Ardèche méridionale".
Je cesse désormais de vous abreuver, car je commence une collection de bières locales. Evidemment, les premiers arrivés seront les premiers servis, et je ne préjuge en rien de la qualité desdites bières. Ce qui me fait penser que je pourrai aisément intégrer les produits gastronomiques locaux dans mes articles. Probablement serez-vous bientôt servis.
Bises à tous.
A bientôt !