Blog qu'il a été fait pas si moche exprès pour les copains qui partent à l'étranger. Si t'es pas un copain, ben ce blog tu t'en fous.
Je me sens un peu con de pas avoir de photo, mais enfin vous n'avez qu'à venir ici. C'est aussi valable pour le frisé australien et le barbu québecois et la terroriste californienne et le Lorrain libanais. Eurolines ça existe.
La dernière fois que je vous ai écrit, je vous ai laissés dans une situation plutot inconfortable. Aussi me paraît-il important de vous apporter quelques bonnes nouvelles. Sachez néanmoins qu'avant que ça aille mieux, ça a été encore moins bien.
Voilà une petite semaine, je me suis levé dans ma chère auberge dans laquelle je commençais à envisager de prendre mes appartements de façon définitive. Je me suis fait un ami Dresdien, ou Dresdois, ou quelque chose comme ça, qui faisait office de coloc. Un Allemand en Italie, même du Nord, est une chose qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie. L'Allemand qui attend le bus, l'Allemand qui attend son prof, l'Allemand qui goûte la moutarde locale, l'Allemand qui parle Italien. Un incontournable. Enfin je me suis levé ce matin là dans la chambre à cinq lits et à trois quarts d'heure de ma fac, convaincu de rester encore ici pour quelques jours voire une semaine. Je vous passe les détails sur ma recherche de logement qui, bien qu'effectuée avec dynamisme et persévérance, me fit entrevoir la dépression nerveuse à plusieurs reprises. Vivre dans un pays encore moins ponctuel que soi-même est parfois pénible. Enfin je me suis levé, ai croisé la femme de ménage. Je suis assez fier parce qu'elle a prononcé une des premières phrases italiennes que j'ai vraiment compris depuis mon arrivée. En gros : "on a un gros groupe qui arrive, tu as une demi-heure pour faire tes bagages". Inutile de préciserque tous les établissements hoteliers bon marché de la ville étaient également pleins.
Quelques heures plus tard j'arpente donc la ville d'un pas pas très guilleret. Si j'avais été dans une BD vous auriez vu le petit nuage gris avec la pluie, vous savez. Je me dirige vers le Palazzo Nuovo, ma fac, où se trouvent environ 4 propositions de logements déjà pris depuis deux mois et la plupart du temps réservés aux filles. Allez savoir pourquoi. Toujours est-il que le Palazzo Nuovo est censé être le lieu idéal où trouver un appart.
"Une chambre double, triple s'il le faut, sans toit à la rigueur, je prendrai n'importe quoi. Allez."
Avant de poser le pied sur la première marche de l'escalier qui mène à la prétendue Mecque du logement, je me fais arrêter par un individu qui porte une moustache et des journaux et qui me parle dans une langue que vous devinerez être de l'Italien. Je ne comprends, évidemment, pas grand chose, mais je constate au tract qu'il m'a fourré dans les mains qu'il représente les étudiants léninistes de Turin. Je lui explique que ma priorité est une maison pour l'instant et son ami, à sa gauche. Oui à gauche du léniniste, me répond assez naturellement qu'il a une chambre à me proposer. Deux heures plus tard, je visite. C'est pas cher, grand, meublé, pas loin, parfait, je signe (non je déconne ! On signe jamais rien ici. Je donne 300 euros en liquide), j'emménage. J'ai un balcon. Rien qu'à moi. Un balcon ! Bon j'ai pas de photo, mais imaginez un balcon et à quelques détails près je pense que vous verrez le mien. Un balcon est un balcon.
Je sais que vous vous faisiez beaucoup de soucis pour moi ces derniers jours.
J'imagine votre apaisement.
Je partage l'appartement avec un Italien qui parle un peu Français, un Français qui refuse de me parler Français et sa copine Napolitaine qui parle Italien mais qui essaie d'apprendre le Français. Je viens d'apprendre qu'un Albanais va s'installer ici aussi. Un Albanais ! Il va partager la chambre de l'Italien alors on a déjà fait plein de blagues à caractère homophobe. Je suis un peu emmerdé parce que je voulais dire plein d'autres choses, comme décrire la ville, la fac, des moments... Mais le texte est déjà long. Je sais déjà que je vais avoir pas mal de cours auxquels ne pas aller, mais pas mal de cours quand même. C'est autre chose que la fac germano-post-soviétique. J'ai fait quelques cours d'Italien histoire de prendre l'habitude de me faire appeler Nicolasse. J'ai goùté la bière locale, notamment la Moretti qui me fait bien rigoler malgré ses 2° d'alcool (voir photo). J'ai goûté la mayo locale qui, sans vouloir être méchant, est comparable à son homologue espagnole. J'ai goûté le kebab local qui est bon marché, croustillant et sans choix dans la sauce, mais bon. J'ai goûté la pizza pas chère qui, à chaque fois, surpasse ce que j'ai mangé en france en la matière, tout comme la glace, le café et les pâtes. L'Italie, c'est le pays où les quatre aliments fondateurs de l'humanité qui se gratte les parties devant un écran abêtissant sont les meilleurs et les moins chers.
C'est pour ça que j'aime ce pays.