Blog qu'il a été fait pas si moche exprès pour les copains qui partent à l'étranger. Si t'es pas un copain, ben ce blog tu t'en fous.
Bonjour à toutes et à tous,
Bien que je ne souhaite pas occulter l’article fort pédagogique de Thom-Thom (depus, tout le monde s'est lâché c'est vrai mais ca vous donne une idée du temps qu'il me faut pour charger des photos...), je glisse subreptiscement un article avec de jolies photos, pour partager avec vous ce qu’est la montagne libanaise au printemps.
Grand comme la Gironde (cf wikipedia), le Liban est constitué (d’ouest en est) d’une plaine littorale, d’une chaîne de montagnes (le Mont Liban), de la plaine de la Bekaa (un fossé d’effondrement, sur le plan géologique), puis d’une autre chaîne de montagnes (l’anti-Liban), laquelle fait office de frontière avec la Syrie. Aussi, quand on est sur la côte et qu’on monte, çà grimpe très vite, très haut. Et ca donne de beaux paysages. Nous avons donc loué une modeste voiture (une Kia toute rouge, pour être précis) pour une modique somme (20$ par jour, personne n’a trouvé moins cher à Beyrouth) et nous sommes partis, à nos risques et périls, sur les étroites routes de montagne ravinées par le gel annuel.
L’histoire ne retiendra pas l’heure passée dans les embouteillages pour sortir de Beyrouth.
Joke.
L’histoire retiendra que juché sur le flanc de la montagne, le bourg de Qartaba est inaccessible 4 mois par an en raison du verglas.
A Qartaba, les morts sont bien installés. Selon la grand-mère de notre hôte, ils disposent « du plus beau site du village ». Etonnant.
Cela dit, les vivants aussi ne sont pas mal lotis. J’aimerais bien bénéficier de cette piscine en été.
Car la majorité des habitants ne réside pas au village, cas-type du bourg de montagne libanais. Jusque dans les années 1950/1960, le village était occupé toute l’année, l’agriculture était la principale activité, la population faible. Aujourd’hui, une dizaine de personnes y vivent pendant l’hiver (quand la route avec la côte est coupée), et il y a entre 10000 et 20000 personnes pendant l’été. L’été, tous les citadins (qui habitent surtout à Jounieh ou à Beyrouth) viennent prendre un peu le frais dans leur résidence secondaire. Ils reçoivent le renfort des « Libanais de l’étranger » (ces « Libanais de l’étranger » représentent approximativement le double de la population libanaise vivant sur le territoire), qui -si possible- ont gagné de l’argent, et peuvent donc acquérir des résidences cossues, avec piscine sur la terrasse et vue sur la vallée.
Mais peut-être êtes-vous agaçés de voir que le sciences-po ne se départit jamais de son oeil de sociologue. Il est temps de prendre ses chaussures de marche et un peu de hauteur.
Du haut de la falaise, le seigneur des anneaux local contemple la vallée. Il veille paisiblement sans voir le fond de la gorge.
Dans les endroits plats (ou plutôt, aplatis par la main de l’homme, principalement au XIX° siècle et l’effort des paysans maronite surtout mais pas uniquement), l’agriculture est possible. Vous noterez la présence de « la petite mosquée dans la vallée » ; une mosquée chiite en l’occurence (à la montagne, les villages sont assez « homogènes » sur le plan communautaire : Qartaba est habité par des chrétiens, le village d’en face par des chiites). Caractéristique : les grecs-orthodoxes et les sunnites sont peu nombreux à la montagne ; naguère, ils habitaient davantage dans les villes de la côte.
Dimanche de bon matin, nous nous rendons à la source du fleuve Adonis. Adonis, comme le bel Adonis. Eh oui, il s’agit d’une croyance phénicienne à l’origine. L’amant d’Aphrodite était tranquillement à la chasse dans le secteur quand un sanglier eut raison de sa personne. Pauvre de lui.
C’est donc le fleuve Adonis qui a creusé cette vallée, probablement aidé par quelques évènements géologiques que je n’expliquerai pas car je ne les connais pas. Avec les sources qui la traversent, cette vallée est l’une des plus arrosées (donc des plus vertes) du Liban.
Mais grimpons un peu, histoire de placer quelques clichés avant de repartir.
Je vais faire le panorama (pas de film, trop dur).
Qartaba est donc le village de l'autre côté, en face. Juste en dessous, de beaux cadrillages pour une agriculture intensive à plus de 1000 mètres d'altitude : la montagne libanaise produit des fruits et des légumes en quantité (pommes, olives, tomates, poires... et d'autres que je connaissais pas comme les nèfles).
Au loin, la mer. Ca vous donne peut-être envie de vous baigner ?
En faisant cette promenade, nous avons croisé une petite famille qui se rendait à une salle des fêtes en altitude pour le pique-nique dominical. Nous croisons sur un chemin de terre une voiture qui passe, puis fait marche arrière. Dans la voiture, un monsieur, sa femme, ses trois filles derrière avec le petit dernier sur le genoux. Le monsieur nous demande ce qu’on fait là, si tout va bien, si on a de la famille dans la région, si on a besoin de quelque chose, avant de repartir. C’est juste surprenant de voir la dame tenir le fusil de chasse (déplié) à l’extérieur de la fenêtre passager (sinon ca ne rentre pas). Le plus drôle est quand elle remarque que le canon est pointé sur vous par mégarde et dit « oh, sorry » en roulant les "r".
En famille, le dimanche après-midi, on apprend à tirer dans la nature.
Légèrement traumatisés, nous avons heureusement trouvé un endroit où nous reposer.
Sympa le canap' à cet endroit : tout est possible.
Et pour que le week-end soit complet...
A bientôt !
J’espère trouver le temps d'ici peu pour tout autre chose : les élections municipales.