Blog qu'il a été fait pas si moche exprès pour les copains qui partent à l'étranger. Si t'es pas un copain, ben ce blog tu t'en fous.
Bonjour m
es amis,
J'espère que tout va bien pour vous, parce que pour moi c'est pareil. Vous savez, là je suis à Turin. Je fais de mon mieux pour rendre mon séjour rigolo, parce que s'il fallait compter sur les Italiens je serais pas arrivé.
Je n'ai aucune photo sous la main, vous avez qu'a faire une recherche google images au moins vous verrez Turin sous le soleil... Du coup je joins une photo de Marmotte, fille de Raymonde et Bernard, domiciliée dans la propriété des Raclets, Fleurie, Beaujolais. Je sais que certains d'entre vous aiment les animaux moches, ça me fait plaisir.
Alors bon il faut que je vous raconte, vite, parce qu'après je vais oublier. Je vais essayer de faire quelques phrases compliquées rien que pour voir si vous suivez, et aussi pour me prouver que je suis pas le dernier des cons. Je vous propose donc une lecture approximative de la culture italienne, que je structurerai autour de certains des ineffables préjugés que l'on porte fréquemment sur ce bon peuple d'Italie. Je tenterai ainsi de démontrer leur … de dire que bon ben c'est pas tout vrai. Commençons tout de suite je vous prie, prenez place, comment vous êtes déjà assis, arrêtez donc de vous curer le nez. Insérera une citation de Michel Fugain qui voudra.
1. "L'Italie, c'est le bordel, c'est mal rangé mal indiqué, putain la Roumanie vient de marquer"
Le 13 juillet, que dis-je, septembre, sur les coups de 19h45, je descends de mon train à la gare Porta Susa Torino, fermement décidé à prendre mes appartements à l'Ostello Torino, formidable auberge de jeunesse au demeurant. Quelques mètres ont suffi pour qu'un panneau de néon, d'environ trois mètre cinquante sur deux mètres, surgisse devant mon regard déterminé à je ne sais quoi. Ni une ni deux, je crache à mes pieds avec la fierté qui caractérise la peuplade gauloise qui fait du bon vin et déclare :
"Ben dis donc si ils croient que j'vais arriver à l'auberge du premier coup y s'le foutent bin profond ! M'en vais m'tromper d'chemin histoire d'leur montrer d'quel bois j'me chauffe vingt-dieu !"
Sur ces entrefaites, je m'égare joyeusement dans les sombres rues de Turin la grise pour quelques trois heures, arpentant les quartiers chics. Après quelques kilomètres, je me lasse de mon petit jeu, estime que le pays a retenu la leçon et arrête un taxi. Faut pas déconner.
2. "Les Italiens ont tendance à s'approprier des objets qui ne leur appartiennent pas toujours, avant qu'ils se les soient appropriés."
C'était le deuxième jour. Je faisais mine de chercher un appartement pour me mélanger aux gens de l'talie d'en bas qui aiment à profiter d'un toit sur leur tête. Un élan de poésie emplit mon coeur a la vue des quais du Pô. Vous savez, ce fleuve (vous remarquerez une petite rupture dans le style, c'est parce que je suis fatigué), ce fleuve disais-je qui passe à Turin. Je me suis longtemps demandé pourquoi il s'appelle Pô. Je crois que c'est parce qu'il coule tranquillement, comme s'il chantait po po popoo po... vous qui me lisez et qui avez tenu jusqu'ici, essayez voir de chantonner, enfin de poponner la chanson des éléphants dans le livre de la jungle. Fermez les yeux, imaginez dans le même temps un fleuve. Vous verrez le Pô. Pô Pô ! Bref j'étais sur le quai et je trouvais ça joli, alors j'ai fumé une cigarette. Ce coin là s'appelle les Marzini. C'est festif et tout la nuit, mais le jour on voit juste passer des gens qui font de l'aviron. Un petit bonhomme me guettait du coin de l'oeil, visiblement intéressé par ma présence et tout et tout. Ni trois ni quatre je me dirige vers lui, lui tend mon portefeuille sur ces mots :
"Mon ami, tu as choisi de vouer ta vie à la conquête matérielle, et je ne peux que te mépriser. Ton regard défiant m'intrigue, aussi relevé-je le défi. Prends donc mon portefeuille, ami, car tu ne vaux pas mieux. Un jour tu comprendras, oui, un jour tu comprendras que le monde n'est qu'haine et amour, et que les cartes de crédit sont le mal."
3. "Ces Italiens, sont pas foutus de gérer serieusement une administration..."
Le troisième jour, aujourd'hui donc, je suis allé à Infopoint. C'est l'endroit où on va pour dire qu'on est bien arrivé. Y'en a qui appellent leurs parents, moi je vais à l'Infopoint, qui me fait un certificat. La dame me parle dans une langue pleine de o et de a et de i, m'imprime la chose et me demanda de verifieri si ili ni a pa d'erreuri dano lo papiera. Je parcours la feuille et réalise, stupéfait et déçu, que tout va bien, qu'il n'y a pas d'erreur, que je peux d'inscrire sans problème. Ni cinq ni six, j'entre dans une colère noire, et j'exige une erreur administrative qui entrave mon établissement à la fac, une vraie, une qu'elle est pas pratique du tout. La femme aux voyelles, effrayée, s'empresse de m'obéir. Elle a fini par me dégotter une formidable erreur. Ce qu'il y a de mieux. Du grand. Lille 2 m'envoie en tant qu'undergraduate pour 1 an ? Turin n'accepte que les postgraduate, pour 1 semestre. C'est pas beau ça ? Je voudrais remercier Katarzyna sans qui rien de tout ça n'aurait été possible.
Elle est pas belle la vie ?